El Albaicin

Ce morceau, le plus célèbre d’Iberia, ouvre le troisième Cahier composé en 1907. À l‘époque, El Albaicin était le quartier gitan de Grenade. De belles maisons entourées de jardins se tiennent là sur une pente face à la célèbre citadelle maure, l’Alhambra, que l’on voit dans toute sa majesté, de l’autre côté de la rivière, depuis le mirador de Saint-Nicolas. Un peu plus loin, les ruelles d’El Albaicin se prolongent jusqu’au Sacromonte, la colline sacrée des gitans.

Les commentateurs ont souvent noté les références au flamenco dans El Albaïcin, dont les rythmes et les tournures mélodico-harmoniques évoquent la solea por bulerias. Et la guitare est partout, qui égrène ses arpèges mélancoliques, fait claquer ses furieux rasgeos. Oui, Grenade est bien la ville la plus guitaristique et la plus gitane de toute l’Espagne !

L’Espagne des gitans, l’Espagne maure, les Mille et unes nuits et leurs sortilèges, voilà tout ce que raconte El Albaicin. C’est une musique qui semble jaillir d’un coup, venue de nulle part, d’un monde magique, tel un génie qui sort de de sa bouteille.

Nulle part ailleurs Albeniz ne s’aventure aussi près du flamenco. Mais El Albaicin, le morceau le plus flamenco d’Iberia, en est est aussi le plus épuré et le plus brut. Brillant comme un diamant.

Commentaires

Brillant comme un diamant…

Brillant comme un diamant… noir, dans la nuit inondée de la lumière de la lune.
Ruelles sombres et froides, où tout peut arriver, où l’on pousse une porte et où l’on est éclaboussé de bruits, chants, guitares ou claquements de chaussures.
L’odeur de la cerveza, les visages ridés des hommes.