Jerez

Jerez est non seulement le morceau le plus long d’ Iberia, mais aussi le plus nocturne et envoûtant. Le plus beau du cycle peut-être.

Jerez commence comme une romance du siècle d’or, mélodie calme sur un mode phrygien, accompagnée d’accords de vihuela. La musique s’anime bientôt et devient flamenco : soleas por bulerias.

Jerez, patrie de la fiesta por bulerias et des grands chanteurs gitans comme Manuel Soto Sordera ou Terremoto de Jerez, est aujourd’hui une ville paisible et calme. Une ville qui dort, comme dorment dans leurs caves les bons vins de fino et de manzanilla.

Mais cette Jerez assoupie cache un mystère, un secret que chante Albeniz dans la rêverie de Jerez. Alors le duende, ce bon génie, ne tarde pas à pointer le bout de son nez.

La copla module une simple mélodie, comme un cante jondo. Son chant s‘élève et flotte ainsi que des volutes de fumée aux motifs polychromes et changeants. On croirait voir tourner, dans un kaléidoscope, d’anciennes calligraphies arabes mystérieuses, azulejos et stucs.

La coda, surnaturelle, ouvre la porte d’un monde merveilleux.