Malaga

Situé entre les célèbres pièces du troisième livre et les deux chefs d’oeuvre de la fin, Malaga est, pour cette raison, probablement le morceau le moins connu du cycle et sûrement le moins commenté.

Après les longs développements de Lavapiès et d’El Albaïcin, Albeniz revient à un format proche de Triana ou El puerto, plus court. Mais le ton a changé, l’ambiance est toute différente. Plus intérieure.

Si la durée diminue, pourtant la qualité de l’inspiration ne fléchit pas. Au contraire la beauté des thèmes et des modulations, la justesse des proportions est admirable. Le rythme monotone de croches quasi ininterrompues du début à la fin rappelle l’ostinato d’El Polo et impressionne de la même manière.

La sonorité, étrange au début, dans un registre grave et sombre, s‘éclaircit petit à petit. Le ton se fait de plus en plus passionné. Le morceau se termine par les deux accords fortissimo, toujours les mêmes, qui concluent presque tous les morceaux d’Iberia. Comme deux coups du destin.